
Par Sayaspora
Entrer dans l’enseignement supérieur est souvent vécu comme un seuil vers la liberté, l’indépendance et la version de soi-même que l’on construit enfin. C’est le moment où les ambitions prennent forme pour beaucoup d’étudiantes. Et pourtant, derrière l’effervescence des amphithéâtres, une réalité plus sombre persiste : 36,9 % des membres de la communauté universitaire ont vécu au moins une forme de violence sexuelle selon l’enquête ESSIMU. Les cégeps et universités du Québec ne sont donc pas à l’abri de ces violences. Et pour nous, femmes, cette vigilance est une nécessité.
1. Le droit à la sécurité physique sur le campus
Notre sécurité sur le campus ne devrait jamais faire l’objet de compromis. Et pourtant, le harcèlement sexiste et sexuel reste une réalité quotidienne. Des commentaires déplacés, des gestes non consentis, des agressions : ces actes n’ont qu’un objectif, nous intimider, nous faire sentir illégitimes et nous pousser à nous effacer.
Et bien souvent, la peur des représailles ou le sentiment de ne pas être crues pousse au silence. Alors, rappelons-le clairement : la responsabilité incombe exclusivement à l’agresseur. Les institutions ont le devoir de nous protéger avec des mécanismes de signalement efficaces et une politique de tolérance zéro. Ce n’est pas un privilège, c’est notre droit.
2. Le bizutage : quand la « tradition » devient un traumatisme
Sous couvert d’intégration et de camaraderie, le bizutage continue de sévir dans certaines filières. Ces rituels, souvent présentés comme inoffensifs, cachent des pratiques dégradantes et des rapports de domination brutaux. Pour une nouvelle étudiante, ces épisodes peuvent être le point de départ d’une vraie détresse psychologique. Briser le silence autour de ces « traditions », c’est protéger celles qui arrivent après nous.
3. La face cachée de l’excellence
Au-delà des violences directes, le milieu académique est un terrain fertile pour une pression psychologique intense. La compétition, la charge de travail, ou encore l’injonction à réussir constamment peuvent mener à l’épuisement, au stress chronique et à la dépression. 70 % des étudiantes témoignent d’une pression psychologique jugée « excessive » dans les filières hautement compétitives.
Et pour nous, cette pression est souvent doublée : il faut aussi prouver notre légitimité dans des domaines encore très masculinisés. Ne pas réussir à « tout gérer », ce n’est pas un échec personnel. C’est le signe d’un système qui sacrifie notre santé mentale sur l’autel de la performance.
4. Une expérience collective
A toi, lectrice : si tu te reconnais dans ces lignes, sache que ce que tu vis est légitime. Chaque parcours est unique. Mais la souffrance liée aux violences sur le campus est une expérience collective que beaucoup traversent dans l’ombre. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide auprès des services de santé de ton université, d’associations spécialisées ou de collectifs d’étudiantes. En parlant, en partageant, en restant solidaires, nous brisons l’isolement que ces violences cherchent à installer.
5. Les ressources
Le parcours académique peut être jalonné d’épreuves sans liens avec les examens scolaires : des violences, des pressions systémiques, etc. Il est temps de mettre des mots sur ces maux et de transformer nos lieux d’apprentissage en espaces réellement sûrs.





