7 septembre 2026

Par Emilienne Nawé
Entre doute, peur, ambition, syndrome de l’imposteur et poids des attentes sociétales et familiales, (être la première) à tracer son chemin (et à réussir) peut parfois devenir un combat plutôt qu’un accomplissement. La peur de l’échec et le sentiment de ne pas être à sa place peuvent surgir lorsque nous franchissons un territoire qui nous est encore inconnu, nous faisant douter de notre légitimité. Pourtant, ces émotions ne définissent ni qui nous sommes, ni jusqu’où nous sommes capables d’aller.
Personne ne nous a donné l’itinéraire pour atteindre la destination.
Être la première signifie souvent devoir expliquer ses choix, ne pas avoir de modèle vers lequel se tourner lorsque nous avons besoin d’aide ou de conseils, ou encore avoir le sentiment de ne pas être à la hauteur.
Choisir une autre formation universitaire, une carrière différente, ou encore partir vivre ailleurs ne concerne plus seulement notre avenir. Chaque décision devient publique, et, la réussite n’est plus une option mais une obligation. Une obligation pour honorer notre famille qui a tout sacrifié pour nous, pour notre communauté qui nous entoure et nous observe, ou encore pour celles et ceux qui viendront après nous. Et quelques fois, c’est dans ces moments de solitude que se construit une confiance que personne ne peut nous transmettre. Nous devenons alors une référence, et notre réussite devient la preuve que c’est possible.
Ces ambitions peuvent alors se transformer en une pression permanente : celle de devoir toujours choisir « le bon chemin », de ne pas décevoir notre entourage, et finalement, de se demander si nous sommes la bonne personne pour cette mission.
Que se passe-t-il quand c’est à nous de définir les règles de notre ambition?
Lorsque personne avant nous n’a fréquenté l’université, créé une entreprise ou changé de pays, chaque décision ressemble à une expérience inconnue. Être la première, c’est aussi construire :
- Une identité entre deux mondes, celui que nous connaissons et dans lequel nous avons grandi et celui qui n’existe pas encore.
- Gérer la culpabilité de réussir plus que nos proches.
- Apprendre des codes que notre entourage ne connaît pas.
Autant de réalités légitimes que déroutantes.
Tu es le nouveau chemin.
C’est ta voie que tu traces et tu le fais avant tout pour être fier de toi. Et même si elle peut sembler longue et parfois déstabilisante, tu es en train de créer quelque chose de plus grand que toi. Tu feras parfois des erreurs, mais elles feront aussi partie d’une trajectoire que personne n’avait tracée avant toi.
Alors, oui tu as le droit et la légitimité de rêver autrement, de rêver grand et surtout…d’être la première à tracer son chemin.
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