White feminism

« White feminism »

Emmeline Pankhurst est l’une des fondatrices d’un mouvement militant de revendication du droit de vote des femmes née au début du 20e siècle. Plus connu sous le nom des « suffragettes ».

Ce mouvement a, sans aucun doute, ouvert la porte aux femmes à militer contre les disparités sociales. Avec le temps, nous avons pu voir ces revendications évoluer, devenir des vecteurs de changements dans la promotion des intérêts des femmes dans nos sociétés : soit l’idéologie féministe.

Concrètement, le féminisme se définit comme : « L’ensemble d’idées et de mouvements orientés vers un but commun : atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie pour une société plus juste, plus heureuse et plus prospère. »*

Ainsi, ce mouvement ne devrait-il pas militer pour l’égalité des sexes pour toutes les femmes ?
Malheureusement, lors de débats dans les espaces populaires et médiatisés, l’on prend difficilement en compte l’intersectionnalité* des besoins des différentes femmes.

L’idéologie politique qu’est le féminisme est un concept très occidentalisé. De ce fait, la femme caucasienne est majoritairement mise en avant sur les plateformes, ce qui noie les voix des femmes issues des groupes minoritaires. Ces dernières en ressortent avec un privilège énorme, celui de pouvoir monopoliser les débats en mettant de l’avant, uniquement, les problèmes qui les concernent.
Sans pour autant prendre en compte les subtilités qui se rattachent aux femmes issues de groupes minoritaires.
Ce problème se concrétise de plus belle sur le sol occidental où les femmes d’outre-mer viennent avec un bagage plus complexe à démystifier qui va au-delà d’être uniquement « une femme ».
Plus concrètement, en plus d’être femmes, elles devront composer avec certains fardeaux. Par exemple, elles auront des avantages sociaux niés et cela dus aux stéréotypes et discriminations que le pays d’accueil leur impose.

En effet, prenons, l’exemple de la loi qui interdit le port du hijab en France, les nombreux viols des femmes autochtones, le profilage racial que vivent les femmes de couleur, etc. Tout cela se rattache intimement à l’idéologie du féminisme : soit une égalité entre les sexes pour les femmes.
Cependant, ces sujets ne sont que très peu souvent débattus devant un grand public laissant sous l’iceberg des débats importants qui mènent à une réelle égalité dans toutes les sphères de la vie.

Outre cela, on peut prendre aussi la complexité qui se rattache aux femmes qui sont issues de la communauté 2SLGBTQIA+ puisque dans la majorité des cas les débats sont monopolisés par des femmes hétérosexuelles et cis- genre.
Il faut aussi souligner le lourd poids qui tombe sur les épaules des ces femmes émanant de communauté non occidentale où, notamment l’homosexualité peut-être perçue comme un crime ou un déshonneur pour la famille. D’où l’importance de jongler dans ces intersections et de donner la voix à des femmes de tous milieux afin d’avoir un portrait global des changements nécessaires à apporter. Et, cela dans le but de l’évolution de la société vers un monde plus juste.

Oui, c’est un bon début.

Toutefois, on ne peut se déclarer comme faisant partie d’un mouvement qui défend toutes les femmes quand une grande majorité d’entre elles sont écartées des débats qui les concernent. La vision du féminisme a tendance à être tordue dans tous les sens. Il serait donc temps de revenir à une définition plus pragmatique et authentique qui permet de promouvoir une égalité avec les êtres humains pour toutes les femmes. Il est primordial que les sphères de discussion dans les pays occidentaux où les débats sur ce sujet sont plus acceptés permettent aux différentes femmes issues de pays d’outre-mer d’exprimer leurs difficultés. Cela permettra une meilleure diffusion et l’application du féminisme, car une femme reste une femme, et cela qu’elle soit d’ici, ou d’ailleurs.

Source :https://www.harpersbazaar.com/culture/politics/a22717725/what-is-toxic-white-feminism/

Écrivaine – Mimi Diarra

Instagram: @mimi_myselfandi

Sayaspora
Writer - Sayaspora

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