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VENESSA APPIAH | POSITIVE, INDEPENDENT AND DECOLONIZED BOOK CLUB

VENESSA APPIAH | POSITIVE, INDEPENDENT AND DECOLONIZED BOOK CLUB

Récemment, j’ai repris goût à la lecture. Repris goût à l’expression des sentiments sur papiers beiges. Lorsque je lis, mon imagination est stimulée et les personnages des livres défilent et s’animent dans mon esprit comme un film en noir et blanc des années 60. Je ne vous cache pas que j’aime mieux lire des auteurs africains, imaginer des femmes et hommes noirs ou arabes répondant aux prénoms d’Abdel et Fatouma qui me rappellent les réalités de là-bas… moi qui suis ici. C’est donc à la recherche des livres de là-bas que je me suis rendu compte qu’ici leurs histoires, nos histoires, étaient classées à la dernière rangée, dernière étagère des grandes bibliothèques. En soif de lecture d’auteurs africains, j’ai fait mes recherches. Des Book-clubs aux forums en ligne, j’ai réussi à trouver une communauté qui était aussi, en soif de pages beiges teintés de couleurs de pays d’Afrique.

L’un de mes Books Club favoris est celui de la jeune Ghanéenne Venessa Appiah : Positive, Independent and Decolonized Book Club, basé au Canada précisément à Montréal et Ottawa. Une interview était nécessaire, la voici :

Pourquoi avoir créé le Book Club : Positive, Independent & Decolonized ?

Venessa : « Ça a commencé sous la forme d’un défi personnel, durant les dernières années, je réalisais qu’à part mes lectures académiques, je ne lisais plus pour le plaisir. Je me disais que je pourrais bien rendre mon temps libre plus significatif; donc “lire un livre de mon choix par mois”. Je me suis dit que ça serait cool de partager cette idée avec ceux autour de moi et c’était un peu le début de “P.I.D.”

Aussi, autant pour moi que pour plusieurs d’entre nous les réseaux sociaux ont été un espace qui a amplifié mon apprentissage sur nos emblèmes sociaux, politiques et même économiques en tant que communauté noire surtout durant les 6 dernières années. De manière subtile internet contribue à notre périple personnel vers notre vérité, notre histoire.

Malgré ça, je me sentais insatisfaite en termes de qualité des conversations en ligne. À part le fait que ce sens de communauté n’est pas tangible, car on est tous derrière un écran, elle n’est pas soutenue. Parfois pas assez critique et seulement basé sur nos opinions personnelles et de nos perspectives. Un peu l’idée de “Ok j’ai partagé cette opinion sur le web, but then what…?“. Je garde en esprit l’utilité du web et comment c’est plus facile de communiquer sur les réseaux sociaux, raison de la création de www.decolonizedbooks.com.

Étant étudiante en études Africaines ça m’a donné l’opportunité de me retrouver dans des espaces où j’échangeais avec d’autres gens sur notre continent et ses gens de manière critique donc effective. Après ces échanges, je sortais toujours de classe avec un feeling d’inspiration et de stimulation mentale.

Donc c’est un peu avec tous ses éléments en tête qu’est venue la création du Book-club, un espace pour de la conversation soutenue par une communauté́ tangible. Dans une ère où la lecture est une activité́ mourante, je pense réellement qu’il y a quelque chose de spécial lorsqu’un groupe de personnes lis simultanément le même item à un rythme similaire et ensuite partage ses perspectives pour le groupe entier. Ensuite, positive parce que la lecture a toujours été pour moi une activité qui me permet de me dissocier un peu de ma réalité; Independent pour la nature critique de la littérature comme forme d’art qui nous permet d’être des individus avec nos propres opinions et points d’identifications et Decolonized car c’est la base de la contribution de notre chemin de vie de démystifier les idées qui sont présentes dans notre espace moderne, occidental. »

Que penses-tu du manque d’auteur-es africain-es dans les grandes librairies ?

Venessa : « Le continent africain est béni d’auteurs avec des talents divers. Évidemment, les auteurs classiques comme Achebe ou Fanon qui ont traité de l’ère du colonialisme peuvent se retrouver sur les étagères de bibliothèques et de librairies. Mais appart ça, c’est en effet difficile de retrouver de la littérature africaine dans notre espace occidental mais même en Afrique. De nos jours, les styles de littérature plus modernes et rafraichissantes qui traitent davantage du futur des Africains éprouvent plus de difficultés à se retrouver dans les librairies. Les maisons de publications en Afrique ne sont pas nombreuses, donc peu de livres y sont publiés. Alors les auteurs doivent se tourner vers l’Europe ou les États-Unis qui sont des zones qui demandent encore plus de financement pour les publications donc la créativité́ africaine est difficilement appréciable sur le continent même et dans sa diaspora.

Selon toi, quel est le Top 5 des livres à lire dans une vie ?

  1. The Art of War
  2. The Alchemist
  3. The autobiography of Malcolm x Beloved
  4. Things Fall Apart

Quel serait ton top 5 d’auteurs africains ?

  1. Aime Cesaire
  2. Chinua Achebe
  3. Nhuihi wa Thiongo
  4. Chimamanda Ngozi Adichie
  5. Ama Ata Aidoo

La lecture nous permet d’en apprendre davantage sur le monde dans lequel nous vivons. De la réalité à la fiction, démystifions notre quotidien : lisons des auteurs qui parlent de nous, lisons-nous.

Retrouvez le Book Club de Venessa A. sur son site internet : http://www.decolonizedbooks.com/

 

Founder, Editor in Chief & Chief Executive Officer

DJAMILLA TOURE

Djamilla est née en Côte d Ivoire et a vécu pendant dix ans au Maroc. Pour elle, SAYASPORA est un projet qui émane d un manque : celui de ne pas pouvoir s identifier aux femmes présentes dans les médias. C est ainsi que la plateforme SAYASPORA a été fondée. À travers cet organisme tenu par des jeunes femmes, elle espère motiver l ensemble de la jeunesse de la diaspora africaine à entreprendre.

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