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RYM BEN BARRAH | « JE CROIS QUE MA MOTIVATION EST VENUE DE L’INJUSTICE »

RYM BEN BARRAH | « JE CROIS QUE MA MOTIVATION EST VENUE DE L’INJUSTICE »

« Rym Ben Berrah est une étudiante finissante en relations publiques et une militante dans plusieurs domaines notamment l’immigration francophone, l’insécurité linguistique, la communauté LGBTQIA+, la violence faite aux femmes ainsi que la lutte contre l’islamophobie.

Impliquée dans son association étudiante et avec la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants (FCÉÉ) dans plusieurs postes, elle a ensuite été élue à la coprésidence du Regroupement Étudiant Franco-Ontarien (RÉFO). Depuis trois ans, elle siège sur le conseil d’administration de La Cité. Dernièrement, elle a été élue comme administratrice au sein du CA du Calacs francophone d’Ottawa ainsi que vice-présidente de l’organisme provincial FrancoQueer.

En plus d’oeuvrer dans des comités d’experts en immigration francophone et en établissement d’étudiants internationaux, elle est ambassadrice de la francophonie pour le Centre de la Francophonie des Amériques ainsi que « One Young World ». Rym est récipiendaire du Prix Saphir 2015 dans la catégorie « Politique » ainsi que le Prix de la Francophonie 2015, décerné par l’hon. Madeleine Meilleur et l’Office des affaires francophones de l’Ontario. » (monassemblee.ca)

Quand on parle de Rym, il est difficile d’essayer de la décrire de la contraindre à une seule identité. Rym est notre coup de coeur de la semaine et notre inspiration du jour.

S: Peux-tu te présenter et nous parler un peu de ton parcours?

R: Je m’appelle Rym Ben Berrah. Je suis algérienne, de parents algériens, née à Oran. J’ai grandi à Tunis à partir de l’âge d’à peine six mois. On peut donc dire que mon identité est mixte dès le départ. J’ai immigré à Montréal le jour de mes 15 ans et je vis en Ontario depuis 2008. Je suis franco-canadienne, ou bien franco-ontarienne, vu que le français est une langue minoritaire en dehors du Québec. Mon parcours scolaire n’est pas du tout linéaire, j’ai essayé plusieurs choses dans les deux provinces avant de tomber dans la politique. J’aimais trop de choses et c’est comme si je trouvais ça aberrant qu’on nous demande de choisir qui on va être toute notre vie à un moment aussi précaire que celui de l’adolescence. En ce moment je poursuis un bacc. en Relations Publiques et j’adore ça. Cette fois-ci, c’est la bonne !

S: Peux-tu nous parler de tes accomplissements et de tes implications au sein des différentes organisations auxquelles tu es affiliée?

R: Tout a commencé en fréquentant les bancs du collège La Cité, où j’ai été élue vice-présidente de mon Association Étudiante. Grâce à cela, j’ai été affiliée à la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants en représentant l’Association Étudiante de La Cité sur leur Conseil d’Administration, et où j’ai co-présidé le groupe modulaire « Queer » pendant un an à l’échelle nationale et vice-présidé le groupe Francophone à l’échelle provinciale. J’ai ensuite été élue coprésidente du Regroupement Étudiant Franco-Ontarien (RÉFO) où j’ai continué à flirter à souhait avec la politique étudiante mais avec un mandat beaucoup plus spécifique et des revendications propres aux Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens fréquentant les écoles post-secondaires de la province et étudiant en français. J’ai ensuite été nommée pour siéger sur un groupe d’experts en immigration francophone pour le Ministère des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario, un poste que j’occupe jusqu’à présent. Pour ce qui est de la gouvernance, je siège sur le Conseil d’Administration de La Cité en tant qu’étudiante gouverneure (j’entame ma troisième année de mandat) et j’ai récemment été élue sur le Conseil d’Administration du Calacs Francophone d’Ottawa (centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel). Sur le plan international, je suis Ambassadrice « One Young World » depuis que j’ai assisté à cette conférence en novembre dernier à Bangkok, en Thaïlande.  Finalement, je suis jeune Ambassadrice de la Francophonie des Amériques, via le Centre de la Francophonie des Amériques, depuis août 2016. Niveau bénévolat, je siège sur le Comité Consultatif sur la prévention de la violence faite aux femmes, créé par le RÉFO.

S: Qu’est-ce que le mot diaspora t’inspire?

R:Tout d’abord, j’ai l’impression que ce mot veut dire la même chose dans plusieurs langues et cette idée me plait. Souvent le langage est une barrière aux cultures et le fait d’y apposer un mot si accessible mais aussi profond, je trouve ça chouette ! Sinon je sais que la diaspora regroupe plusieurs personnes de la même région ou de la même ethnie et qui sont géographiquement dispersées dans le monde. Cela m’indique le fait que n’importe où que l’on va, on appartient toujours à une certaine communauté avant la migration ou l’immigration. Mais là encore, lorsqu’on parle d’ethnie ou de zone géographique, comment pouvons-nous les définir aussi simplement ? C’est bien complexe, il faut prendre en compte l’intersectionnalité de nos êtres. Nous sommes vraiment beaucoup trop complexes. Nous sommes des diasporas à nous seule.s finalement.

S: Comment penses-tu avoir réussi à être autant impliquée dans ta communauté et comment pourrais-tu en inspirer d’autres à faire de même ?

R: Plus haut j’ai relaté le fait d’avoir essayé plein de choses dans mon parcours scolaire, c’est en fait en partie parce que j’ai été confrontée à des embûches. Que ce soit d’inaccessibilité, de partage d’informations, d’inégalités linguistiques, d’injustices sociales, j’ai vécu ce genre de situations contraignantes. Ça m’a fait beaucoup réfléchir, sur le rôle que j’ai dans la société, en tant que musulmane, arabe, francophone, immigrante, femme queer non-conforme aux dictats de la société. En fait je crois que ma motivation est venue de l’injustice et lorsque j’ai eu l’espace pour revendiquer les droits de ces groupes minoritaires je n’ai pas hésité. Je me suis dit que si moi je vivais cela, d’autres l’auraient sûrement pire, et j’ai voulu -à ma façon- contribuer à rendre le Canada, surtout ma province ontarienne, une terre d’accueil plus inclusive, véhiculant des valeurs de justice sociale et d’équité. Mon seul conseil serait de prendre la parole à chaque occasion, si on ne t’offre pas l’occasion de toi-même la créer et de toujours, toujours, dénoncer les situations de tort et d’injustice.

S: Quel est l’impact que tu aimerais avoir sur les femmes partout dans le monde et plus spécialement sur la femme africaine?

R: Il faudrait qu’on soit fières et qu’on soit solidaires ! Nous avons la chance de provenir d’un continent magnifique. Nous sommes les enfants d’une terre fière et ancestrale. Je voudrais qu’on soit toujours soudées et battantes. Dans mon travail de revendication, la femme africaine est au centre de mes motivations, vu que « femme africaine » c’est ce qui me définit le mieux, de ma naissance et jusqu’à ma mort, et c’est ce qui a défini la lignée de mes ancêtres femmes avant moi. Nous sommes toutes des agentes de la diaspora africaine et je crois que nous avons comme mandat de continuer à propager la chaleur de notre continent, à enseigner nos valeurs, à nous lier aux autres pour changer le monde un jour à la fois. La femme africaine est une femme forte et je la vois être autant une inspiration qu’un piédestal. J’espère sincèrement lui/vous faire honneur.

S:As-tu un site web, instagram, page facebook où on pourrait te contacter ?

R: On peut me contacter via Twitter « @Rymbbr » ou bien LinkedIn « Rym Ben Berrah ». Au plaisir !

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