MAYADA ET MAISSA | DESPERATES BLEDARDES

La créativité est un don que tout le monde possède mais que peu de gens exploite. C’était en observant leur entourage que les réalisateurs afro-américains ont mis en scène des familles auxquelles nous pouvons encore aujourd’hui nous identifier. Dans le même esprit, Mayada a su personnifier sa mère et ses sœurs dans son concept de “Desperates Bledardes” qui fait fureur en France. Nous avons donc tenu à interviewer les deux créatrices de ce fameux concept : Mayada, 27 ans, commerciale, dessinatrice et illustratrice et Maïssa, 32 ans, juriste immobilier diplômée d’un Master en droit immobilier !

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1. Qui a eu l’idée du projet et comment le processus s’est-il mis en marche ?

Maïssa : L’aventure a commencé en 2009 grâce à Mayada sans aucun objectif commercial et avec pour seul but : amuser nos amis. Elle dessine depuis toute petite. Depuis toujours, elle s’amuse à croquer tout son entourage, la famille, ses camarades de classe, ses professeurs etc… Puis pour me taquiner, elle a un jour eu l’idée de représenter une de mes journées classiques d’étudiante ennuyeuse.

Mayada : A l’aide de feuilles et de mes feutres, j’ai dessiné plusieurs planches. J’ai tout scanné. Et je me suis dit que ça pourrait être drôle d’en faire un montage sur windows movie maker. J’ai inventé un scénario, ajouté de la musique et des bruitages et j’ai posté le résultat sur mon compte facebook.

Maïssa : A sa grande surprise nos amis ont adoré et on réclamé une suite. Nous avons décidé de créer une page facebook pour y regrouper nos amis et de mettre en place un concept : une histoire inspirée de nos vies et de celle de notre entourage, avec des références à l’actualité. Nos amis et des personnages publics faisaient également partie du « casting ». Nous étions toutes les deux fans de la série américaine Desperate Housewives. Nous avions donc décidé de la parodier, avec une version banlieusarde. Les femmes au foyer élégantes du quartier chic de Wisteria Lane laissaient place à des jeunes filles de banlieue d’origine modeste. Nous nous étions partagé le travail de la manière suivante : Mayada pour l’illustration et co scénarisation à deux. Nous avons posté des vidéos le temps d’une saison, comme pour un vrai dessin animé, avec des techniques modestes, en y abordant pas mal de thèmes plus ou moins universels : relations de couple, mariages forcés, adultère, chômage etc, avec des clins d’œil à l’actualité. On a constaté que la page facebook se remplissait de plus en plus et avec des personnes de plus en plus éloignées de notre entourage. Faute de temps et de moyens techniques, nous avons du arrêter l’aventure.

Mayada : Les fans de la page réclamaient une suite. Pour satisfaire leur demande, nous avons opté pour une nouvelle formule dès 2013 : des bandes dessinées de 2 ou 4 cases, sans montage vidéos. Cela a beaucoup pls. Cela a d’ailleurs inspiré d’autres dessinateurs qui se sont lancés sur la toile, avec une formule similaire.

2. Pourquoi en bande dessinée et pas en web série ou autre ?

Maïssa : Nous avons utilisé le procédé le plus simple pour nous sachant que Mayada dessine depuis toute petite et que nous écrivons des histoires ensemble depuis notre enfance. En version Web Série, cela aurait été très intéressant, mais il faut avoir un minimum de compétences, notamment pour la réalisation et caster des comédiens. Mais nous ne sommes pas contre la transposition de nos histoires en vidéos (pour une web série, une série télévisée ou même au cinéma) un jour, à condition que nous soyons irréprochables, niveau technique.

12507193_10153788889639654_1268189397232803901_n3. Quels ont été les principaux inconvénients et tes peurs concernant ton projet ?

Maïssa : Aucune peur car cela n’avait vocation de base qu’à amuser nos amis. Nous n’avions pas la prétention de vouloir toucher un gros nombre de personnes. Sinon les principales difficultés à l’époque étaient d’ordre technique. Après les dessins sur feuille, Mayada s’est mise à dessiner via PAINT, avec l’aide de la souris, ce qui n’était pas l’idéal. Nous avons fini par investir pour une tablette graphique. Lorsqu’on observe la qualité des dessins, on remarque la différence.

4. Votre réaction ainsi que celle de votre entourage devant votre succès ?

Mayada : Un énorme étonnement de notre part parce que de base, nous ne pensions même pas que ça allait dépasser, les limites de notre ville. Alors atteindre des personnes au delà des frontières européennes, un peu partout dans le monde, en Asie, en Afrique ou en Amérique, et que les gens se reconnaissent à travers les thématiques abordées, on ne peut qu’en être fières.

Maïssa : Mais il faut toujours garder l’humilité et se souvenir que l’objectif principal c’est de donner un peu de joie aux internautes, surtout dans notre contexte international actuel. On essaye aussi les faire réfléchir sur des problématiques plus ou moins légères comme les effets des réseaux sociaux, les diktats de beauté, les violences conjugales, les attentats , les discriminations etc… On ne se limite sur aucun sujet. Nos proches nous apportent énormément de soutien. Certains ont découvert la BD, sans que nous leur en parlions et sans savoir qu’il s’agissait de nous deux. J’ai une petite anedocte marrante avec Magaly une collègue de travail. J’avais ramené au bureau, une tasse de café avec un dessin de mon personnage. Et elle a dit : « Je connais, c’est un des personnages de la BD du net de Mayada et sa sœur. » Et je lui ai annoncé que j’étais la sœur.

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5. Le fait que beaucoup de jeunes femmes s’identifient à tes personnages faisait il parti du projet ?

Maïssa : Cela faisait effectivement parti du projet. Nous avions basé l’histoire avec nos personnages réels et ceux de nos copines. Mais en réalité, ces personnages sont semi fictifs car on aborde des situations qui nous sont réellement arrivées et d’autres qui ne nous concernent absolument pas, mais qui pour nous étaient nécessaires, afin pourquoi pas de susciter des réflexions sur certains sujets plus ou moins graves qui concernent la condition des femmes dans le monde. Le fait de reprendre nos personnages est plus simple pour nous tourner en dérision.

6. Étant d’origine maghrébine et par extension africaine, aurions nous l’occasion de voir Desperate Bledardes, dans les journaux africains ?

Mayada : Nous avons déjà eu le plaisir d’apparaître dans des journaux africains ou sur l’Afrique (Jeune Afrique, Afrocan life etc) Finalement, les sujets qu’on aborde, on essaye de faire en sorte que cela parle à n’importe qui dans le monde. Il y aura toujours des problématiques spécifiques à certains régions et qui parlent plus à un champ géographique limité, mais d’autres sont universelles.

 7. Jusqu’où pensez-vous aller ?

Maïssa : Nous espérons transposer la BD en version papier, puis pourquoi pas, comme nous l’avons évoqué, en dessin animé, en série ou au cinéma. D’ailleurs nos fans s’impatientent. Sur le fond, aborder tous les sujets, sans se fixer de limites est notre idéal.

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  1. Quels sont les conseils que vous donneriez aux jeunes femmes de la diaspora qui souhaiteraient réaliser leurs projets ?

Mayada : Mettez tous les ingrédients de votre côté, force, courage et travail et foncez ! Ne reculez jamais même en cas d’échec la première fois, car ça fait partie de la vie. Si vous échouez, essayez de trouver ce qui n’allait pas, et recommencez. Ça finira forcément un jour par payer.

Maïssa : « Ce n’est pas parce qu’on ose que nous ne réussissons pas. Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » – Sénèque

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Retrouvez ces deux jeunes talentueuses femmes sur leur page FACEBOOK et leur compte INSTAGRAM.

[q_team team_image=” team_image_hover_color=” team_name=’AUDREY NZEBA KABOMBO’ team_name_tag=” team_name_font_size=” team_name_font_weight=” team_name_text_transform=” team_position=’Collaboratrice’ team_position_font_size=” team_position_color=” team_position_font_weight=” team_position_text_transform=” text_align=” team_description=’Audrey est une étudiante en droit qui vit dans la banlieue parisienne. Depuis quelques années elle essaie de se situer culturellement en raison de sa nationalité française d origine congolaise. Elle aspire à contribuer au développement de la diaspora africaine. C est dans cette objectif qu elle rejoint l équipe de Sayaspora.’ team_description_color=” background_color =” box_border =” team_social_icon_pack =’font_awesome’ team_social_fa_icon_1 =” team_social_fa_icon_2 =” team_social_fa_icon_3 =” team_social_fa_icon_4 =” team_social_fa_icon_5 =” team_social_fe_icon_1 =” team_social_fe_icon_2 =” team_social_fe_icon_3 =” team_social_fe_icon_4 =” team_social_fe_icon_5 =” team_social_icon_1_link =” team_social_icon_2_link =” team_social_icon_3_link =” team_social_icon_4_link =” team_social_icon_5_link =” team_social_icon_1_target =’_self’ team_social_icon_3_link =” team_social_icon_4_link =” team_social_icon_5_link =” team_social_icon_2_target =’_self’ team_social_icon_3_target =’_self’ team_social_icon_4_target =’_self’ team_social_icon_5_target =’_self’ show_skills =’yes’ skills_title_size=” skill_title_1 =” skill_title_2 =” skill_title_3 =” skill_percentage_1 =” skill_percentage_2 =” skill_percentage_3 =”]

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