SHE | L’IMAGINAIRE DÉCADENT D’UNE IDENTITÉ TROP CONDAMNÉE

Une identité ne se définit pas seulement par des croyances,

Et autant il est dur de parler de sujets personnels, il est encore moins évident de parler de sujets qui suscitent de plus en plus de tensions, dans une société saisie entre par la peur, l’incompréhension et l’angoisse. On considère souvent les valeurs de l’Islam comme « incompatibles » avec une société occidentale «libre et démocratique ». Assez paradoxal, lorsqu’on pense que le fondement même de la religion musulmane se traduit par la paix, la miséricorde et le pardon.  Trois mots clés pour résumer la volonté de tendre vers un idéal de paisibilité.

En même temps, on nous répète souvent : comment ne pas être inquiet quand on n’entend pas assez de personnes « concernées » s’expliquer. Le fait est que bien souvent s’expliquer, est associé à se justifier.  Et pourquoi j’aurais à me justifier ? Puis s’expliquer au nom de quoi ? De qui ?

 L’incompréhension est d’autant plus partagée entre ceux qui sont de confession musulmane, que ceux qui ne le sont pas. Les interrogations sévissent autant dans les deux camps. Et quand je parle de camp, je parle d’un fossé qui s’est spontanément creusé de plus en plus entre ceux qui se sentent  appartenir à une pensée, une idéologie plus qu’une autre. Cette division se ressent, dans les regards, dans les conversations partagées, mais surtout dans celles qu’on évite. Et les questionnements qui nous irritent souvent, à savoir,  exprimer très naïvement : «  tu ne portes pas le voile, tu dois être ouverte d’esprit ! » sont de ces détails du quotidien qu’il est intéressant d’analyser.

Remarquer à quel point la société occidentale se permet de juger, émettre son avis avec autant de conviction sur une situation sur laquelle il n’y aucune connaissance. En plus d’avoir des opinions erronées sur une réalité dont ils ignorent tout, on se permet de les partager, de te les imposer, sans prendre une seconde pour s’attarder sur ta perception, comment tu vois les choses, ou comment tu les vis, toi en tant que femme appartenant à une certaine idéologie religieuse, ou toi en tant que femme appartenant à une certaine ethnie mais totalement détachée de toutes valeurs religieuses.

Faire un plaidoyer pour convaincre les gens de la légitimité ou du droit de vivre librement dans une société où il fait bon de vivre à son rythme, me semble être une étape trop brusque pour commencer. Et à défaut de ne pouvoir convaincre les gens de ne plus faire d’amalgames entre Islam, et femmes opprimées, j’aimerai demander tout simplement de prendre le temps de s’intéresser réellement aux gens, avant d’émettre des jugements. Et si c’est pour juger, faire des amalgames, faites les en prenant une seconde de votre temps pour, au moins, vous baser sur une conversation échangée et puis vous verrez sourire ces mêmes personnes que vous avez classées, jugées et, peut-être, vous ressentirez la douceur d’une humanité en soif d’espérance.

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