KIESE DÉBORAH MAKOUTA | UNE JEUNE POLITISÉE DE LA DIASPORA AFRICAINE

D’origine Congolaise et Angolaise, Kiese Déborah a commencé en tant qu’étudiante en droit à l’Université Panthéon Assas Paris II. Elle se trouve actuellement à l’IEP de Strasbourg afin d’approfondir son “parcours” politique. Son engagement politique est marqué par son soutien à François Fillon pour les élections primaires de la droite et du centre. Ne souhaitant pourtant pas faire forcément carrière en politique, elle travaille actuellement comme conseillère municipale aux côtés de son maire Guy Geoffroy (Combs-la-ville 77). Elle comprend très vite le système et nous explique comment la femme africaine peut non seulement trouver sa place mais s’imposer au sein d’une politique occidentale sans pour autant perdre ses valeurs… OUI, c’est possible.

A : La politique est très complexe et loin d’être accessible à tous comme certains peuvent le croire. Quelles ont été tes motivations ?

K : J’ai toujours été éprise de la chose publique et ma motivation principale est mon amour pour les autres et la défense de leur intérêt.
L’exercice du mandat d’élue locale me permet de conjuguer ces trois facteurs  et d’impacter de manière concrète le quotidien de mes concitoyens . ( création de nouvelles places de crèche, diminution et stabilisation des impôts locaux ou encore la mise en place d’une  politique culturelle audacieuse avec la scène nationale de Senart   ). Ce qui me plait en politique c’est que loin de théoriser ou de conceptualiser des grands principes on a la possibilité de faire des choses, d’être sur le terrain, et de voir les résultats de nos actions dans la vie de nos administrés. En outre le contact direct que les citoyens ont avec leur élus locaux fait figure d’exception et est l’une des facteurs  qui confirme mon engagement, dans un climat actuel délétère ou les hommes publiques souffrent de discrédit et que les français ont de plus en plus de défiance à l’égard des institutions.

12495114_842667895844892_7247466350346681120_n

A: Pour toi, quel est le rôle de la femme africaine dans ce monde ? Et en politique ?

Mon objectif est de pouvoir améliorer le quotidien des gens et défendre leur intérêts. Je ne pense pas que la politique  soit le seul prisme par lequel je puisse réaliser cet objectif et m’épanouir.
Par ailleurs je ne pense pas que pour faire de la politique il faille forcement être un homme politique, et exercer  un mandat électoral.

Pour revenir à la situation des femmes d’origine africaine dans le milieu politique français je pense que la couleur de peau est un obstacle plus qu’un avantage. Les femmes d’origines africaines sont souvent élues grâce à  des scrutins de liste (conseillère municipale, maire adjointe ou  conseillère régionale ) mais jamais uninominaux c’est à dire sur leur propre nom. En réalité c’est beaucoup plus compliqué d’être une députée ( exceptée la situation dans les outres-mer) ou un maire d’origine africaine que d’être ministre – qui est une nomination et non une élection et qui résulte du fait du prince.

On a les exemples de Rama Yade Rachida Dati ou encore Fadela Amara anciennes ministres qui ont été propulsé par le fait du prince, ont été très médiatisé mais dont l’après-Sarkozy n’a pas être très prometteur sur le plan politique . Beaucoup pense que ces nominations n’ont été que symbolique pour promouvoir l’ouverture à la diversité.

Rachida Dati est devenue maire du 7e arrondissement de Paris. C’est un arrondissement très conservateur où l’UMP n’a pris aucun risque électoral en l’investissant car c’est un arrondissement où quelque soit le candidat  ” ça vote à droite”. Elle est également députée européen mais n’a pas réussi à avoir l’investiture pour être député de la 2e circonscription de Paris face à François Fillon. Quant à Rama Yade elle n’est même plus conseillère régionale, n’a plus aucun mandat local bien qu’elle concourt à la fonction suprême.

Je pense que les partis politique ont peur d’investir  des femmes (  pour les élections législatives, municipales ) et d’avantage d’origine africaine afin de ménager les velléités politique des uns et des autres mais surtout pour ne pas risquer de perdre une élection. En effet perdre une élection signifie perdre un élu local et un relais sur le terrain, ça peut aussi être perdre un potentiel député et une circonscription ce qui tend à réduire la majorité parlementaire ( nécessaire pour appliquer le programme du président élu en adoptant des lois  ) ou l’opposition au sein de l’Assemblée Nationale. Le recours au 49-3 concernant la loi travaille met en lumière  l’importance d’avoir une large  majorité parlementaire pour adopter des textes difficiles. En outre il y a également des considérations matérielles puisque le parti politique perd des moyens de financement ( les élus reversant une part de leur indemnités au parti. )

Cela étant à rebours de la situation – relativement  pessimiste – que je viens de dépeindre il y a d’avantage de femme politique d’origine africaine en France et à des hautes responsabilités à l’instar de Rama Yade et Rachida Dati précédemment évoqué mais aussi Najat Vallaut Belkacem, Myriam Elkhomri, Seybah Dagoma ( députée de Paris ), Christiane Taubira, Hélène Geoffroy ( Secrétaire d’Etat chargée de la ville et députée maire de Vaulx en Velin ) ou encore George Pau-Langevin ( ministre des outres-mer ).
Tout cela dénote l’amélioration de la place de la femme politique d’origine africaine dans le paysage politique même s’il y a encore des avancées à faire.

A : L’Afrique fait- elle partie de ton projet ?

K : J’aimerai bien aller au Congo et aider les jeunes filles à s’émanciper par le prisme de l’éducation. J’ai eu la chance d’aller a l’école, de recevoir un enseignement de qualité et gratuit qui me permet de pouvoir réaliser aujourd’hui mon rêve ; devenir un jour avocate.
L’Afrique est le continent de demain , qui sera le plus peuplé, constituera le plus grand marché économique, sera le terreau de grande inventions technologique et de nouveaux Bill Gates.
La femme africaine doit avoir toute sa place dans cette mutation.
Je voudrais ainsi donner des cours de français,  de maths et même de droit aux jeunes Filles, ouvrir des écoles et les accompagner financièrement en achetant par exemple des fournitures scolaires.

12814159_620773411411294_5354372549011074636_n

A: Quels sont tes conseils aux jeunes femmes comme toi et moi qui souhaiteraient marquer ce monde ?

K: Je leur conseille d’être audacieuse et persévérante. D’avoir une intelligence pratique et surtout de ne pas considérer qu’avoir fait des études, aussi prestigieuse soient-elles, est l’apanage d’une carrière  réussie.
Par exemple en politique beaucoup on fait l’ENA, l’ENS, Sciences Po et toutes les autres grandes écoles. Ils sont dans un carcan intellectuel et pour beaucoup formatés. L’élite française et notre pays manque d’audace, de renouvellement et d’innovation.

A: Où te vois tu dans une dizaine d’années ?

K: Dans 10 ans j’espère être avocate pour défendre non plus l’intérêt publique comme en politique mais les intérêts privés des particuliers et j’aimerais être lobbyiste auprès des institutions européennes pour défendre les intérêts et la singularité de la France au sein de l’Union Européenne.

[q_team team_image=” team_image_hover_color=” team_name=’AUDREY NZEBA KABOMBO’ team_name_tag=” team_name_font_size=” team_name_font_weight=” team_name_text_transform=” team_position=’Collaboratrice ‘ team_position_font_size=” team_position_color=” team_position_font_weight=” team_position_text_transform=” text_align=” team_description=’Audrey est une étudiante en droit qui vit dans la banlieue parisienne. Depuis quelques années elle essaie de se situer culturellement en raison de sa nationalité française d origine congolaise. Elle aspire à contribuer au développement de la diaspora africaine. C est dans cette objectif qu elle rejoint l équipe de Sayaspora.’ team_description_color=” background_color =” box_border =” team_social_icon_pack =’font_awesome’ team_social_fa_icon_1 =” team_social_fa_icon_2 =” team_social_fa_icon_3 =” team_social_fa_icon_4 =” team_social_fa_icon_5 =” team_social_fe_icon_1 =” team_social_fe_icon_2 =” team_social_fe_icon_3 =” team_social_fe_icon_4 =” team_social_fe_icon_5 =” team_social_icon_1_link =” team_social_icon_2_link =” team_social_icon_3_link =” team_social_icon_4_link =” team_social_icon_5_link =” team_social_icon_1_target =’_self’ team_social_icon_3_link =” team_social_icon_4_link =” team_social_icon_5_link =” team_social_icon_2_target =’_self’ team_social_icon_3_target =’_self’ team_social_icon_4_target =’_self’ team_social_icon_5_target =’_self’ show_skills =’yes’ skills_title_size=” skill_title_1 =” skill_title_2 =” skill_title_3 =” skill_percentage_1 =” skill_percentage_2 =” skill_percentage_3 =”]

Language:

More Stories
WARSAN SHIRE | POÈTE
Close